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Lettre 1717·XXIII, folios : 116
Urre, Rostaing d’, seigneur d’Ourches
M. de Gordes
Lettre non liée
23 / 03 / 1574
Montélimar
Valence
,

Transcription

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Monsieur, nayant aulcunes de voz lettrres et craignant que les miennes et aultres que je vous ay [barré : fait] envoyé et escrit nayent
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tumbé es mains des ennemys, jay prié monsieur de Rochefort, qui saict mieus que nul aultres les chemins dicy à Crest, de
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vous aller comuniquer ce dont je luy ay prié vous faire entendre, craygnant que pour les difficultes des chemins je ne
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puisse estre asseuré de votre dessain et desliberations pour le reguart de la reparation que les ennemys font
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à Lourioul, nayant encoures lieu en leurs pouvoyr en votre gouvernement où ilz ce puissent louger touz ensemble [barré : que]
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comme ilz feront audit Lorioul après lavoyr repetassé dont par ce moyen ilz entreprandront plus aysement du
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cousté de Valence, Roumans, Crest et ceste ville, estant favorisé à leur besoin de ceus de leur party de della le
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Rosne, venant à couvert jusques audit Lourioul sans que vous puisses faire estat des fources que vous pourryés
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avoyr [barré : fec] sus les bras, vous metant en campaigne et si ilz ne tenoyent ledit Lorioul il ne peult passer de leurs
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fources de dessa que vous nen soyés adverty, en après vous resouldre selon la cognoyssance que vous en auriés.
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Joint que, tenant ledit Lorioul, ilz vous [barré : couppent] tiennent fermées les chemins dicy à Lyon, Valence, et Grenoble, et
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font une belle recoulte de touz fruictz faisant contribuer une partye des villaiges du Vallentinoys, attirant une
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infinité de desesperés à eus en esbranlant ceus qui nous sont encoures affectionés, si bien que sy vous menvoyés
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lettres addressantes à monsieur le cardinal d’Armaignac et à monsieur le conte de Villechaire pour les prier
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de vous secouryr des fources qui sont en leurs pouvoyr, tant de cheval que de piet, je partiroys incontinant pour
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leurs aller faire entendre votre creance. Et silz estoyent en ceste bonne vollonté je les [barré : je] conduiroys en ceste
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ville et puis prandrions droict à Grayne et vous pourryés estre avec toutes les aultres fources à Chabrillan
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et Crest pour en après touz ensemble marcher à Lorrioul où, si nous navions quelques pièces pour les y fourcer,
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nous les contraindrions par la faim de venyr au combat ou dabandonner ledit lieu. Si nous pouvyons tant faire
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que dy camper quatre ou cinq jours, ce que nous ferions aysement par le moyen des vivres qui nous viendroyt de
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Crest, où les chevaus legers seroyent pour [barré : nous] [ajouté : leurs] faire escourte. Ceus qui ont des chevaus à Valence avec quelque
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aultre nombre de cavallerye que vous y ourdonneryés, feroyent pareillement escourte aus vivres que nous
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viendroyent de Valence et Estoile, le craignant que ceus de Montelligier ne les destroussassent. Je croys que vous
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estes bien adverty comme Glandaige et Ferrier sont à Miremande avec deus cournettes et quelques gens de
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piet comme il en y a aussi à Cliou usclat [=Cliousclat]. Les sieurs de Mirebel, Mombrum et Roysse avec le meilleurs de leurs gens
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de piet et cavallerye sont à Lourioul. Les sieurs de Diguieres, Champolleon avec leurs trouppes sont à Livron.
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Jay tousiours gens asseurées quy men viennent pourter nouvelles certaynes. Ilz ont environ set à huict vintz
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[116B]
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pionnyer[s] qui travaillent tant quilz peuvent à Lourioul. Si est ce quil me semble si ce nest par ung grant loysir quilz ne peuvent
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pas aultrement faire leur profit ny le tout remparer en ung moys quil ne ce desfasse avec quelque vollée de canon.
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Il est vray que sy on ha moyen du Contat de les prevenyr que je croys quilz y recevront ung grand escourne. Je ne
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doubte point que les compagnies de gendarmes qui sont della l’Izère qui ne ce rendent de bon cœur auprès de vous au premyer
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mandement votre. Par ce moyen vous pourrés donner la loy aus ennemys estant en païs où la cavallerye peult jouer, nestant
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la leurs sans comparaison en pareil nombre ny en tel equipaige, vous asseurant questant pour le jourdhuy tout ce
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qu’ilz peuvent metre de gens de cheval et semble quilz ne sauroyent estre plus de [lettre barrée] cent cinquante hommes à cheval [barré : ense]
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sentent pour le combat, ayant ce quilz ont peu tirer de Provence, Vivarez, bannys du Contat et ceus des montaignes. Je ne
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doubte point quils ny ayent set [ajouté : ou] huict centz ardelles [= aridelles] sans ledit nombre quilz peuvent estre de bons chevaus si dessus
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mentionnées ; et si vous tirés des fources du Contat, on les doneroit le choys, je dis pour gens de piet de demeurer dans
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noz villes, cependant que nous tirerons nous compagnies en campaigne, et si tant est quil les faille desfrier [= payer] je masseure
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que les villes ne si rendront point difficilles, estant pour une si bonne occasion comme ceste là seroit. Quant aus vivres
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pour les chevaus, sy nous estions devant Lorioul nous envoyerons queryr grand cantité de foine quil y a à lendroit
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de Bays et requieroit lon de faire le mieus que lon pourroit. Il en y a aussi à Roumans quon feroit dessendre
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jusques à vis-à-vis de Lourioul, et si vous sembloit dattaquer quelque aultre lieu plus propre que ledit Lorioul y estant
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ledit sieur de Mombrum dedans avec partye de ces fources et les meilleures, vous pourriés dresser la teste à
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Montelligier où les vivres vous viendroyent de Valence à souhait et par ce moyen vous les pourriés faire desmourdre
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audit Lourioul et les attirer au combat. Vous [ajouté : auriés] aussi le cheoys de Allays ou Ouste du moins [barré : estant mesme]
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pour dernier refuge, estant maître de la campaigne vous pourriés retirer toutes manières de vivres dans
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noz lieus fermées et si vous trouviés bon duser du commandement abssolu que toutz ceus du Vallentinoys et
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Baronnyes [barré : retiroit] [ajouté : retirassent] toute rasse de bestail della l’Izère, vous les y favouriseriés estant maitre de la campaigne
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aussi bien le prennent ilz où ilz sont les maitres, comme ilz faisoyent au Contat. Ce faisant ilz ne peuvent avoyr
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aulcune contribution pour entretenyr leurs gens de guerre, et fauldroit maulgré quilz en ayent que les
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bastons ferrées que les suivent et aultres souldatz les abandonnent par le moyen de la famine. Je vous
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supplye très humblement, monsieur, mescuser si je mazarde par trop de vous en discouryr inconsideramment.
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[117A]
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Je ne vous touche point que les forces du Languedoc ne vous viennent avec le temps sus les bras, mays il
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me semble que devant quilz soyent toutz joinctz que vous aurés exploicté quelque chouse aussi auroyent
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ilz bien peyne de vivre. Je remetray le surplus à la suffisance dudit sieur de Rochefort, après avoyr
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salué voz bonnes graces par mes très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner
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monsieur, en très bonne sancté, longue et hereuse vie. Au Montelimar, ce XXIe mars
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Vostre très humble filz et très hobeyssant serviteur
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à jamays, Hourche